Pourquoi créer une boutique de Commerce Équitable ?

Vous êtes vous déjà demandé comment les grandes enseignes parviennent à nous vendre un t-shirt venant de l’autre bout du monde pour seulement quelques Euros ?

Souvent par manque de temps, de budget, on met de côté nos interrogations (pourtant justifiées) sur la provenance/fabrication de nos vêtements, pour vite retourner au tumulte de notre vie quotidienne.

Même si on sent bien qu’il y a quelque chose qui cloche, on n’a pas toujours le temps de faire une enquête poussée sur cette petite robe à 10 euros sur laquelle on craque spontanément en sortant du travail.

Et pourtant, j’ai fait la mienne, et autant vous dire que c’est pas joli-joli, c’est même ce qui m’a motivée à ouvrir cette boutique !

Accrochez-vous si vous choisissez la pilule rouge.

Le Rana Plaza : la prise de conscience.

Le 24 avril 2013 le Rana Plaza, un immense bâtiment de confection textile de 9 étages abritant des sous-traitants de marques occidentales comme il y en a des centaines au Bangladesh s’écroule.

Il blesse plus de 2500 personnes, et entraîne la mort de 1138 autres, suscitant une véritable prise de conscience chez les acheteurs occidentaux.

On apprendra, sans grand étonnement, que l’immeuble était construit avec des matériaux de mauvaise qualité et sans permis, sur des marais, en dépit de la loi en vigueur. Il disposait de 9 étages, alors qu’il était construit pour en avoir 5. Il ne correspondait pas du tout aux règles de sécurité.

Le jour précédent, les ouvrier-e-s avaient remarqué des fissures dans les murs du bâtiment, mais les patrons les avaient forcé-e-s à retourner au travail, en les menaçant de ne pas verser leur salaire.

Cette usine travaillait entre autres pour les marques Benetton, Camaïeu, Walmart ou Mango. On à également retrouvé des étiquettes In Extenso; la marque d’Auchan, qui à toujours nié, affirmant avoir été « victime d’une sous-traitance dissimulée », et Tex, de la marque Carrefour, qui nie tout lien avec le Rana Plaza.

Suite au drame, les ouvriers ont arrêté de travailler pendant 8 jours, paralysant la chaîne de production, et ont manifesté dans les rues. La police à répondu en leur tirant des balles en caoutchouc, et la première ministre en leur disant de « garder la tête froide, de maintenir les usines opérationnelles, sinon vous allez perdre votre travail »

Ce drame fait suite à plusieurs incidents causant des milliers de morts dans des ateliers de confections textiles: effondrement de l’Usine Spectrum en 2005, incendie de l’usine Tazreen en 2012, de l’usine Smart Export en 2013…

Pour en savoir plus sur le Rana Plaza, la fast fashion et ses alternatives, je vous conseille de visionner l’excellent film « The True Cost », disponible sur Netflix. Vous pourrez y voir une interview de la fondatrice d’une des marques de vêtements équitables que nous vendons, et qui fait partie des pionnères de la mode équitable, « People Tree ».

L’ Affreux Constat

Suite à ces multiples drames et à l’indignation publique qu’ils ont généré, une loi de « devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre » à été approuvée en France, à l’assemblée nationale le 21 février 2017. Celle ci ne concerne que les entreprises de plus de 5000 salariés en France ou d’au moins 10 000 salariés dans le monde et est destinée à « prévenir les atteintes graves envers les droits humains et les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes ainsi que l’environnement » chez leurs sous-traitants ou fournisseurs à l’étranger avec qui elles ont « une relation commerciale durable »

Des dispositions prévoyant des sanctions financières sous forme d’amende entre 10 et 30 millions d’euros pour la société donneuse d’ordres en cas de manquement à l’obligation de vigilance ont été invalidées par le Conseil constitutionnel.

Plusieurs ONG se mettent en place afin de faire face tels que Éthique sur l’étiquette , Sherpa ou Peuples solidaires

Le dernier rapport de l’ONG Not For Sales accuse un certain nombre de marques

« d’alimenter l’esclavage moderne par leur négligence ».

En attendant que ces grands groupes prennent des dispositions pour stopper définitivement les traitement indignes que certains de leurs sous-traitants infligent à des millions de gens, se tourner vers le commerce équitable, les produits d’origines locales et les circuits de seconde main restent sûrement les meilleurs moyens de ne pas contribuer à leur enrichissement crapuleux.

Alors biensûr, le contexte économique en France n’est pas simple, et on à pas toujours les moyens de mettre ne serait-ce que 5 ou 10 euros de plus pour acheter un article équitable. Cependant toutes les informations que nous avons à l’heure actuelle devraient, je pense, nous faire économiser sur autres chose que sur les vêtements.

« En dix ans, les tarifs du prêt à porter féminin ont baissé de 13%, mais à quel prix! »

Excellente emission de Cash investigation à revoir sur Youtube:

Dans notre société productiviste et matérialiste, les individus sont considérés comme des ressources à exploiter.

La plupart des grandes marques profitent ainsi de la pauvreté des pays en voie de développement, principalement en Asie, pour produire à moindre coût et faire des marges incroyables sur le dos des plus démunis.

Sans trop exagérer, je considère ces employé-e-s, majoritairement de très jeunes femmes, comme les esclaves modernes du système capitaliste.

De plus l’industrie de la mode est souvent associée à des conditions de travail exécrables:
Journée de travail à rallonge, travail infantile, employé-e-s sous payés, (le salaire mensuel moyen d’un ouvrier du textile au Bangladesh travaillant 50heures/semaine est de 59 euros) dans des conditions d’hygiène et de sécurité plus que douteuses.

Le Commerce Equitable, Késako ?

Afin de contrer ses méthodes, le commerce équitable établit des normes élevées pour offrir aux travailleurs des pays pauvres de se développer, vers un avenir sécure et durable. Il brise le cercle des salaires extrêmement bas. Les produits issus du commerce équitable sont des biens et des services qui sont produits, échangés et vendus selon ces principes du CE et, lorsque c’est possible, vérifiés par des systèmes de garantie crédibles et indépendants tels que ceux mis en œuvre par FLO (« Fairtrade-certified ») et WFTO (Sustainable Fair Trade Management System).

L’Organisation Mondiale du Commerce Équitable (WFTO) prescrit 10 normes que ses tenants tant au Nord qu’au Sud doivent appliquer quotidiennement dans leur travail. Dans le cas des membres WFTO ou des groupes certifiés FLO, différents systèmes de contrôle sont en place en vue du respect de ces normes.

Créer des opportunités pour les producteurs qui sont économiquement en situation de désavantage. Le commerce équitable est une stratégie pour le combat contre la pauvreté et pour le commerce soutenable. Son but est de créer des opportunités pour les producteurs désavantagés ou marginalisés par le système du commerce conventionnel mondialisé.
La transparence et la responsabilité. Le commerce équitable comprend la gestion de la transparence et les relations commerciales pour faire des affaires avec nos partenaires commerciaux.
La capacité individuelle. Le commerce équitable est un moyen de développer l’autonomie des producteurs. Les organisations du commerce équitable procurent de la continuité durant laquelle les producteurs et les organisations de marché peuvent améliorer leurs capacités de gestion et leur accès aux nouveaux marchés.
Promouvoir le commerce équitable. Les organisations du commerce équitable ont pour objectif de sensibiliser leur clientèle ainsi que le grand public aux injustices du système commercial actuel. Elles doivent aussi être en mesure de fournir de l’information sur l’origine de ses produits, les conditions de travail des producteurs etc.
Le paiement d’un prix juste. Un prix juste dans un contexte local ou régional est accepté après dialogue et concertation (en principe – mais en pratique il est fixé par les acteurs du Nord). Cela couvre non seulement les coûts de production mais permet également une production qui soit socialement juste et bonne pour l’environnement. Cela fournit un prix juste aux producteurs et prend en compte le principe d’un salaire égal pour un travail égal par les hommes et par les femmes. Les organisations de commerce équitable assurent un paiement immédiat à leurs partenaires et parfois aident leurs producteurs avec le financement d’un crédit avant la récolte ou avant la production.
Égalité entre les sexes. Les organisations issues de la filière équitable valorisent le travail des femmes : celles-ci doivent toujours être payées pour leurs contributions dans le processus de production. La présence des femmes au sein de la gouvernance de ces organisations est aussi encouragée.
Les conditions de travail. Le commerce équitable signifie un environnement de travail sain et sûr pour les travailleurs. La participation des enfants (si jamais) n’affecte pas négativement leur bien-être, leur sécurité, leur conditions éducatives, et leur besoin de jouer et est conforme à la convention des Nations unies sur les droits des enfants ainsi qu’aux lois et normes du pays.
Le travail des enfants. Les organisations du commerce équitable respectent la convention des Nations unies sur les droits des enfants, et les lois et normes sociales sont également appliquées afin d’assurer que la participation des enfants dans les processus de production des produits équitables n’aille pas à l’encontre de leur bien-être, de leur sécurité, de leurs conditions éducatives et de leur besoin de jouer. Les organisations qui travaillent directement avec des organisations informelles révèlent la participation des enfants dans la production.
L’environnement. Le commerce équitable encourage à de meilleures pratiques environnementales et à l’application de méthodes responsables de production (sans toutefois être contraignant).
Les relations de commerce. Les organisations de commerce équitable font du commerce en tenant compte du bien-être social, économique et environnemental des petits producteurs marginalisés et ne font pas de profit derrière leur dos. Elles maintiennent de longues relations qui reposent sur la confiance et le respect mutuel qui contribuent à la promotion et à l’agrandissement du commerce équitable. Parfois les producteurs sont soutenus par des crédits avant la récolte ou avant la production.

Acheter c’est voter

A chaque fois que nous achetons quelque chose, nous soutenons une marque, une boutique, une entreprise mais aussi ses valeurs et sa vision du monde. Nous lui permettons grâce à l’argent injecté de se développer.

Rajouter de la conscience dans notre consommation, c’est être cohérent-e, en accord avec nos valeurs profondes, c’est aussi monter l’exemple. Alors biensûr, nous ne sommes pas parfait-e-s et devons avancer pas à pas vers le monde idéal et juste dont nous rêvons, ce monde de demain que nous sommes en train de bâtir ensemble, pas à pas.

Par nos actes quotidiens, soyons acteurs et actrices du changement !

« Nous sommes nos choix »

Jean-Paul Sartre

« Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende pas ! »Coluche

Avec amour,

Laurie Tavitian

Gérante https://boutiqueequitable.com

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